Suite Jérôme Le Borgne

Jérôme Le Borgne, né le 21 novembre 1896 à l'Elbrun en Hénon,fut mobilisé en 1915 à l'âge de 19 ans, victime des gaz toxiques, il fut démobilisé en 1919 avec le grade de lieutenant. Comme beaucoup de jeunes hommes de l'époque, il parti chercher du travail hors de Bretagne et atterrit en Picardie, puis dans la Somme où il se maria à Moislains (80). Instituteur, puis directeur de l'école communale, il fut à nouveau mobilisé en septembre 1938, remobilisé en septembre 1939 et fait prisonnier le 22 juin 1940 puis libéré comme ancien combattant en août 1941. Engagé dans les FFCI en mars 1942, il est arrêté le 1er juin 1944 pour faits de résistance, entre autres pour avoir caché des aviateurs américains? Interrogé et incarcéré, il est transféré à Compiègne le 15 juillet 1944. Il est intégré à un convoi de 1 528 hommes entassés dans des wagons à bestiaux (100 par wagon) direction le camp de concentration de Neuengamme en Allemagne. L'accueil fut terrible. Arrivés de nuit, les prisonniers sont éblouis par les projecteurs, et sont sous les coups des SS qui hurlent des ordres incompréhensibles en allemand. Le lendemain, ils étaient immatriculés? Jérôme Le Borgne reçu le matricule 37 312. Il fut envoyé par la suite à Osterot (un camp annexe exploitant plus de 800 déportés au profit des entreprise Krupp).
Devant l'avancée des troupes alliées, les SS décidèrent l'évacuation d'une partie des déportés de ce camp (le 6 avril 1945) vers Landbostel, camp mouroir dépendant de Neuengamme. Après le départ des SS, et malgré l'aide apportée par les PG(Prisonniers de Guerre), 2 700 cadavres non identifiés furent dénombrés le 29 avril 1945 à l'arrivée des soldats britanniques. Jean Morin de Saint-Carreuc, centenaire décédé l'an dernier, comme prisonnier de guerre a porté de la nourriture à Jérôme Le Borgne après le départ des SS, mais épuisé et malade il décéda avant son rapatriement le 9 mai 1945 à l'âge de 49 ans. Tous les décédés après la libération du camp ont eu leur corps rendu à leur famille. Jérôme Le Borgne est enterré à Moislains ou une rue porte son nom. Il a eu deux enfants : Suzanne, ancienne professeur d'anglais, et Yves, ingénieur chimiste décédé en 2009.