Les déportés de Hénon dans les camps de concentration (2ème partie)

Deuxième victime hénonnaise des camps dont Pierre Corbin honore la mémoire : Victor Andrieux.

Dans cette seconde chronique consacrée aux hénonnais déportés lors de la seconde guerre mondiale, je vais vous présenter le calvaire de Victor Andrieux (oncle de la famille Andrieux résidant au lieudit « la Teurtrée » aujourd'hui). Victor Andrieux est né le 19 juin 1898 à Cariza en Hénon. D'après son acte de naissance, il s'est marié le 28 septembre 1922 avec Reine Tirlet à Paris (19ème). Membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), il fut pourtant arrêté en tant que « communiste » * une première fois le 19 octobre 1941 à Paris par l'armée allemande (il fut interné à Compiègne jusqu'au 30 mars 1942), puis une seconde fois le 13 juin 1943, par l'armée allemande à nouveau, qui le transféra une seconde fois à Compiègne le 25 juin?

Victor Andrieux fut alors intégré à un convoi, constitué de wagons à bestiaux, où 999 hommes étaient entassés à raison d'une centaine par wagon à destination de Weimar en Allemagne (ce fut d'ailleurs le premier convoi important parti de Compiègne et parvenu directement au camp de Buchenwald). Dans ce convoi, il y avait 860 français et 139 « étrangers », le convoi fut notamment marqué par 34 évasions à Chalons/Marne? Arrivés le 27 juin 1943 à Weimar, les « déportés » firent le trajet entre la gare et le camp de Buchenwald à pieds. Victor Andrieux reçu le matricule 14 574. Il y fut emprisonné plusieurs mois avant d'être transféré le 7 janvier 1944 au camp de Dora (camp annexe de Buchenwald distant de 80 Km).

* Pour la milice ou la gestapo, toute personne ayant une attitude antinazie était désignée comme terroriste ou comme communiste. Accusés par le régime de Vichy, avec les Franc-Maçons et les juifs, d'être coupables de la défaite, les communistes de l'époque étaient pourchassés et arrêtés? Et pour nombre d'entre eux déportés. La lutte qu'ils menèrent durant l'occupation fut notamment reconnue par le Général de Gaulle en leur offrant de nombreux postes au sein du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF)