Les pillotous

Un site internet nous dit que ce métier eut ses origines à Lanfains. 


Au 18ème siècle, Quintin, Moncontour-de-Bretagne et Uzel, bruissaient de nombreux métiers à tisser. Ces communes firent fortune dans la fabrication d'une toile de lin très fine, solide et inusable, « la berlingue », exportée en Angleterre et en Espagne par le port de Saint-Malo.Le lin et le chanvre, déjà traités, dont la principale région productrice française était le Trégor, devinrent de plus en plus chers à l'achat pour les tisserands. 


La fabrication de la toile s'éteignit suite à des effets de mode et de nouveaux besoins économiques. Il fallait bien continuer à vivre cependant. 


Des hommes de Lanfains puis de la Roche Derrien se lancèrent ainsi dans le métier de pillotou. Cette profession ambulante les emmenait, entre avril et octobre, jusqu’à Chartres. Voyager les rendait très instruits et ils revenaient dans leur commune natale des Côtes-du-Nord en n’usant plus que d’un français châtié. 


Pillotou est en fait un mot dérivé de pillots : chiffons. Pillotou, pillotouse, sont deux mots péjoratifs et méprisants désignant également celui ou celle qui est pauvrement vêtu(e). 


Célestin Morin, un chiffonnier résidant à L'Hermitage-Lorge, circulait régulièrement (à vélo puis, plus tard, à bord d’une camionnette Peugeot 202) sur Hénon au cours des années 1950-1960. Il y récupérait les chiffons et les peaux de lapins qui - elles - étaient retournées et tendues sur une fourchette de noisetier par le cédant.Faisant aussi fonction de brocanteur, notre homme ratissait large en vous débarrassant d'une armoire, d'un buffet, d'un rouet, d'un fléau traînant dans le grenier. 


Les années 1958-1960 représentaient une époque où certaines de ces dames lâchaient du très beau chêne massif pour le formica coloré de jaune, de bleu ou de rouge, qui se torchait d’un rapide coup d’éponge. Chacun des deux camps était convaincu d’avoir fait la bonne affaire. Ce que l’on considérait, à tort, comme des vieilleries encombrantes s'achète maintenant à prix d'or chez les antiquaires cotés.


Texte écrit par Jean-Alain Jannin