Polémique sur la chapelle Saint-Anne suite et fin...

Le gigantisme caractérise l'église de HENON et impose son rayonnement aux autres communes. La statue de Saint-Pierre qui domine le chevet de l'église en est l'illustration, car selon l'Abbé BOURHY, son bras tendu vers MONCONTOUR, devait « empêcher les habitants se trouvant à l'étroit dans leurs remparts de s'accaparer les villages les bordants », rappelant ainsi la lutte entre la conservatrice HENON et sa rivale républicaine qu'était MONCONTOUR?
Par ailleurs, si les proportions de l'église impressionnent, les délais pour sa construction sont eux aussi remarquables ! En effet quatre ans après sa mise en chantier l'église était terminée et fut consacrée par Monseigneur DAVID, évêque de SAINT-BRIEUC, en 1881 ! Néanmoins, si les paroissiens étaient à l'abri pour les offices, l' « habillage » de l'église se fit petit à petit au gré des dons et des moyens de la « fabrique ». Ainsi, les vitraux en 1887 (sur lesquels on peut lire les noms des donateurs), trois cloches en 1891, la chaire en 1894, l'horloge en 1894, le chemin de Croix en 1897,? vinrent « habiller » l'église.

L'agrandissement du maître hôtel quant à lui avait pour but « d'abolir » un privilège selon l'Abbé BOURHY? En effet, ce dernier trouvait trop majestueuse la chapelle Saint-Anne dans l'architecture de l'église comparativement à l'ancien maître hôtel. L'Abbé BOURHY y voyait même l'expression de la main mise et des privilèges que s'accordait le maire de l'époque sur « son église ! ». Le religieux ne devait toutefois pas oublier que sans la volonté, la pugnacité et l'aide financière du maire de l'époque, jamais il n'aurait pu célébrer ses offices dans un tel édifice !

On imagine facilement que les relations entre le maire et l'Abbé BOURHY étaient tendues? Le religieux reprochait d'ailleurs à l'aristocratie hénonnaise « d'habiter des sphères supérieurs et de vivre de souvenirs » et qu'elle « laisse trop percer sa tendance à une domination hautaine que l'état d'esprit actuel n'accepte pas ». L'expression de cette « domination » se retrouvant dans l'église dans la disposition des « pries-dieu » du haut de la nef pour les riches donateurs vers le bas de l'église pour les indigents ou par la classification des cérémonies (baptêmes, mariages ou obsèques) en 1ères, 2èmes et 3èmes classes?

En fait, l'Abbé BOURHY regrettait surtout que toute discussion au sujet de l'église avec le maire était impossible au risque pour lui de passer « pour un esprit révolutionnaire » ce qui au regard de son aversion pour les moeurs des habitants du Haut HENON, de SAINT-CARREUC² et de MONCONTOUR pouvait paraître selon lui une hérésie?
Je tiens à remercier pour la réalisation de ces articles consacrés à la construction de l'église Jean RUELLAN pour les feuillets de l'Abbé BOURHY (qu'il a lui-même reçu de Monsieur BUREL ancien Directeur de l'école de HENON) ainsi qu'à Vincent RUELLAN pour ses souvenirs.